Le poids des mots et des émotions

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Au départ, je n’avais pas du tout prévu de publier ce genre d’article ce weekend. J’étais partie sur un billet plus léger, plus doux et moins polémique.  Des choses un peu futiles en somme. Mais ces derniers temps, je ressens des émotions complètement contradictoires et j’ai du mal à les contrôler : de la joie, du stress, du bonheur, de la peur, de l’appréhension… Et parfois un brin de tristesse lorsque je vois cette nouvelle génération être malveillante et désinvolte. (peut-être aurais-je un jour le courage d’aborder le thème de l’hypersensibilité ici…)

Il n’y a pas une semaine où je répète mon discours de vieille de presque 23 ans : « mais je n’étais quand même pas comme ça à cet âge ? Cette jeunesse devient folle… ». Quand je regarde les jeunes de maintenant, plus jeunes ou plus âgé.e.s que moi, je ne me retrouve pas en eux. A croire que les réseaux sociaux leur ont fait perdre la raison et toute notion de bienveillance. Au collège/début lycée, je discutais avec mes copines sur MSN et je comptais le nombre de sms que j’envoyais car si j’en envoyais trop, je n’avais pu de crédit avant la fin du mois. Rien de folichon en somme. Je n’allais pas dire des saletés sur les autres sur Internet.

Vous vous demandez certainement pourquoi je vous parle de ça, là, maintenant. Un article qui arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, mais qui, pourtant, trouvera un petit écho dans l’article publié la semaine dernière. Mais c’est une succession de situations vécues de près ou de loin qui me fait penser que notre petit monde va mal. Et il faut que ça sorte de ma petite tête. Pour moi, Internet et les réseaux sociaux constituent des outils merveilleux : l’information est à portée de mains et l’échange est facile ! Ces canaux de communication m’ont apporté de belles choses, de belles amitiés et de belles rencontres…

Cependant, beaucoup de personnes s’en servent pour libérer leur frustration, leur jalousie, leur mal-être, avec comme excuse la liberté d’expression. Oui, l’échange peut être bon, ou mauvais, mais par pitié, qu’il soit au moins constructif. Pourquoi tenir des propos malveillants, voire dégradants et violents, envers une blogueuse ou une youtubeuse sous prétexte que son travail ou ses propos ne vous plaisent pas. Ces personnes se sont-elles seulement mises une fois à la place de ces femmes (et de ces hommes !) pour comprendre leur quotidien ? Quand je vois des blogueuses, que j’adore et que je suis depuis plusieurs années, se faire laminer sur les réseaux sociaux parce qu’elles ont le malheur de partager leurs avis sur tel ou tel sujet, je suis choquée. Je suis choquée par les termes employés, souvent d’une violence et d’une vulgarité extrême. Pourtant, ces femmes défendent souvent des causes qui mériteraient de ne plus être des causes justement. Ces femmes, en plus d’être adorables et pleine de bonté et de bons conseils, se battent pour leurs convictions. Sauf qu’on leur demande clairement de se la fermer et de rester dans le moule – pour rester polie.

Non, je ne veux pas vivre dans un monde de bisounours, parce que la vie, ce n’est pas ça. La vie, c’est chouette mais ce n’est pas tout rose. J’aimerais seulement que le respect soit une généralité. Si chaque personne était bienveillante envers l’autre, le monde serait tellement plus doux. Internet, ce n’est pas un espace invisible et l’écran ne rend personne tout puissant. Les mots, écrits en ligne ou sur du papier, ont un poids. Il y a quelque chose de tangible derrière eux. Ils transmettent des idées et sont lourds de sens. Ils animent les cœurs et flattent autant qu’ils peuvent blesser et détruire. Dans la vie, lors d’un échange en face en face, qui se permettrait de dire des obscénités à son interlocuteur ? Qui irait insulter sa propre sœur ou son propre frère parce qu’elle/il ose lui donner son avis ? Personne. Pourquoi faire en ligne ce qu’on ne ferait jamais dans la vraie vie ? Pourquoi la haine doit-elle forcément être supérieure à la bonté ? Qu’est-ce qu’on gagne à être violent.e à part de la violence et une claque en pleine face du karma ? Rien.

L’échange, le partage, la bienveillance, l’altruisme apportent tellement plus et nous construisent des bases solides pour traverser la vie semée d’embûches qui nous attend. Pourquoi tout gâcher avec un « Ta gueule » sur Internet et/ou les réseaux sociaux, pour un simple motif de désaccord ?  Les émotions, bonnes ou mauvaises, sont faites pour être partagées. Les premières sont les solutions des secondes. Et pas l’inverse.

Sur ce, je vous abandonne. Je retourne dans ma grotte.

Des bisous !

About Marie-Gabrielle

Etudiante en traduction et communication, 22 ans, amoureuse de la vie et de la nature, (très) grande gourmande, cinéphile et sérievore. Et toujours en quête de zénitude, gratitude et plénitude.

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